mercredi 7 décembre 2016

[Track of The Day] Travis - Strangers on a Train

Travis fut un temps héraut de la pop britannique. C'étiat en 1999 lors de la sortie de 'The Man Who'. Depuis, Travis n'a pas disparu et continue de sortir à un rythme régulier des albums.

Oui mais voilà, Travis est retombé dans l'anonymat le plus total depuis un Sing sur-matraqué sur les ondes en 2001. Personne ne s'intéresse plus vraiment à ses sorties et je ne suis pas sur que leurs singles émeuvent encore les kids anglais.
Travis est devenu en quelque-sorte une équipe de milieu de tableau de Division 1 de football. Une équipe capable de proposer un jeu léché, brillant, plein d'envie, et d'attirer sur elle tous les regards le temps d'une saison ('The Man Who' vendra la bagatelle de 3M de copies rien qu'en Grande-Bretagne !) ; et de peiner ensuite à retrouver un jeu flamboyant, rapide, aux idées de jeu claires et pleines d'allant.

Il y a bien eu un retour de flamme ('Where You Stand' en 2013 était un bien bel album) où Travis méritait de retrouver les sommets des charts, mais rien n'y fait, malgré la grande qualité de l'ensemble, tout le monde ou presque s'en fout.

Alors, sans le vouloir, le soufflé retombe, comme prévu. La preuve avec leur dernier album en date donc. Oh, rien qui l'envoie en deuxième division. Non, ils sont en Division 1 et ils y sont bien. Mais sur 'Everything at Once', Travis perd en finesse (un comble pour eux) et ne propose plus qu'un jeu au milieu de terrain qui ne prend pas de risques, aligne deux récupérateurs besogneux qui jouent une partition répétitive (aussi bien dans les mélodies que leurs constructions) et oublie de placer des ailiers virevoltant sur les côtés pour lancer quelques mélodies qui font mouche à la première écoute.

A un coup d'éclat (Strangers on a Train, vraie pépite de l'album, en écoute aujourd'hui) et une chanson très Travis dans l'esprit mais réussie près (All of The Places), rien de bien notable ici. Bien assez pour se maintenir en championnat (la concurrence n'est pas forcément meilleure), mais pas vraiment de quoi espérer faire un coup dans une des deux coupes. Reste plus qu'à espérer un nouvel entraîneur : ces mecs là ont trop de talent pour rester englué dans le ventre mou d'une pop anglaise pas forcément formidable.

Album : Everything at Once
Année : 2016
Label :  Red Telephone Box

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 En écoute dans le lecteur Spotify ou Deezer à gauche

En plus des playlists Spotify et Deezer à gauche, Strangers on a Train de cet 'Everything at Once' de Travis est en écoute ci-dessous :


Autre chanson réussie de 'Everything at Once', All of The Places :

mardi 6 décembre 2016

[Track of The Day] Allo Darlin' - Hymn on the 45

Et donc Allo Darlin' a décidé de dire au-revoir. Non pas à la sortie d'un album raté. Non pas à la suite de tensions internes au groupe. Non. Juste parce que le groupe mené par la belle voix d'Elizabeth Morris était arrivé au bout du chemin. Comme ils le disaient eux-mêmes en septembre dernier (le post entier est à lire ici) :

« Many years ago we took the decision that our friendship was more important to us than our ”career ”as a band. This meant that we didn’t tour relentlessly and didn’t let the music business get in the way of what brought us together in the first place: the joy of music and the thrill of playing with people you were lucky enough to call your friends. »

Et suite à cette très respectable décision, Allo Darlin' a décidé de faire cela bien. Suite à un 'We come From The Same Place' de haute tenue qui venait compléter une courte discographie de qualité ('Allo Darlin'' en 2010 et 'Europe' en 2012), le quatuor londonien a donc décidé de terminer son histoire par deux concerts à Londres dans quelques jours.

Mais avant de remiser pour de bon leur twee et leur indie-pop, leurs chansons sucrées et leurs mélodies ensoleillées, Allo Darlin' sort un dernier 45-tours, digital (en tout cas jusque là), non prévu, composé de deux chansons : Hymn on the 45 (tout un symbole) et Wanderlust. Deux chansons qui sont une belle conclusion à leur carrière, qui veulent dire beaucoup et où l'on sent le groupe prendre vraiment plaisir à enregistrer.

Et deux titres qui nous font dire que sans jamais avoir révolutionné quoique ce soit dans la musique de cette décennie, un groupe aussi sympathique et aux mélodies aussi attachantes qu'Allo Darlin', forcément, il va manquer.

Album : Hymn on the 45 / Wanderlust (Digital 7")
Année : 2016
Label : -

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Indisponible sur Spotify et Deezer, les deux chansons de cette dernière sortie de Allo Darlin' sont en écoute sur le bandcamp du groupe et ci-dessous. Tout d'abord Hymn on the 45 :



Enfin Wanderlust :



lundi 5 décembre 2016

[Track of The Day] Low - Some Hearts (at Christmas Time)

S'il y a une tradition américaine ou anglo-saxonne que j'ai toujours beaucoup aimé, c'est cette passion qu'a ce pays pour les chansons de Noël. Depuis 70 ans, ils sont nombreux les groupes ou les artistes solos à s'écheniller chaque mois de décembre à sortir un disque ou un single autour de ce thème là.

Tradition peu répandue de ce côté là de l'Atlantique (la perfide Albion mise à part), elle a commencé à prendre corps chez nous au milieu des années 2000 avec les sorties (notamment) des deux sublimes coffrets de Sufjan Stevens.

Mais Low est un groupe américain et a donc cette routine bien ancrée au corps ; et ce depuis longtemps (le 'Christmas Ep' en 1999). Le trio de Duluth au Minnesota vient de remettre son chapeau de Père Noël le temps d'un Some Hearts (at Christmas Time) et qu'ils dédient à nous tous :

« To friends who have moved away and friends who have passed on this year. To one and all, especially those who are alone, we wish you a Merry Christmas and new hope for the new year. May we all find ways to lift each other.
With love,
Mimi, Alan and Steve »

Un single dans la lignée de leur précédent album 'Ones and Sixes' - dont on espère un successeur pour 2017 - et qui vient ici lancer une mini-tournée en Angleterre et en Irlande (et qui évite soigneusement la France). Vu la qualité des concerts de Low, c'est peu de dire que nos voisins sont vernis.

Album : Some Hearts (at Christmas Time) Digital Single
Année : 2016
Label : Sub Pop


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En écoute dans le lecteur Spotify ou Deezer à gauche

En écoute dans les lecteurs Deezer et Spotify à gauche, Some Hearts (at Christmas Time) de Low est également en écoute ci-dessous :



jeudi 1 décembre 2016

King Creosote - Astronaut Meets Appleman [Domino]

Alors qu'on est désormais capable de poser un petit robot de 100 kgs sur un comète lancée à 75 000 km/h, le tout à des millions de kilomètres de là, alors que la découverte de Mars continue et s'intensifie et qu'on projette d'y aller d'ici quelques années, rien de plus normal que d'évoquer dans ces pages un disque qui fait la part belle aux voyages stellaires et autres randonnées dans l'espace, fussent-ils métaphoriques.

Voilà donc 'Astronaut Meets Appleman', dernier album en date de King Creosote, émérite artiste écossais dont les nouvelles productions semblent à chaque fois supplanter les précédentes. Et ce disque là ne fait pas exception. Car après avoir chanté son amour pour son pays et le déchirement qu'il a dû être de le quitter sur 'From Scotland, With Love', Kenny Anderson (aka King Creosote donc) parle ici de voyages, d'espace (il n'y a qu'à avoir le clip de Love Life, avec des images tirées, j'imagine, de la Station ISS tournoyant au-dessus de nos têtes), d'étoiles, de Bételgeuse, d'amours déçus, quittés ; et même de Scarlett Johansson.

Un vrai voyage où se mêlent mélodies mélancoliques (superbe Melin Wynt, mais aussi Faux Call, Betelgeuse ou Rules of Engagement), tubes pop (Love Life, Wake Up to This) ou preque electro (énergique Surface) sous couvert des usuelles guitares, basses et batteries auxquelles viennent se joindre cornemuse, harpe, violons ou encore violoncelles.
'Astronaut Meets Appleman' s'ouvre et se termine par deux morceaux fameux. You Just Want tout d'abord (en écoute dans les lecteurs Spotify et Deezer), longue mélopée de 7mns où tous les instruments cités se succèdent pour former un tout irrésistible - et limite prog - aux chœurs à fredonner plus que de raison.
Et si je réécris l'histoire en disant que The Long Fade clôt ce 'Astronaut Meets Appleman' (ce titre n'est que la face-A du bonus 10" disponible sur l'édition collector de l'album), il n'en reste pas moins une très belle chanson folk-pop, dans une veine plus classique où King Creosote déroule pendant presque 10 mns une belle mélodie et des « what have I done ? » répétés à l'envie.

Une réussite du début à la fin, 'Astronaut Meets Appleman' est sans doute le meilleur album à ce jour de King Creosote (c'est dire pour l'écossais !). Il serait ballot de passer à côté d'un si beau voyage et d'un disque de cet acabit avant de refermer 2016. (Sortie : 2 septembre 2016)


Son :
'Astronaut Meets Appleman' de King Creosote est disponible au format physique ou digital
Le site officiel de King Creosote aux couleurs de 'Astronaut Meets Appleman' 
'Astronaut Meets Appleman' de King Creosote est en écoute sur Spotify et Deezer


Trois chansons en écoute de 'Astronaut Meets Appleman' de King Creosote. You Just Want, la chanson qui ouvre l'album de façon parfaite (en écoute dans les lecteurs Spotify et Deezer). Puis, les tubes pop de l'album, Wake Up to This et Love Life :




mardi 29 novembre 2016

Gaye Su Akyol - Hologram Ĭmparatorluğu [Glitterbeat Records]

Après les grecs de Bazooka, continuons nos pérégrinations musicales encore plus à l'est et posons nous quelques minutes pour parler de Gaye Su Akyol, une artiste turque, fille d'un célèbre peintre (Muzaffer Akyol), qui vient de sortir son deuxième album, 'Hologram Ĭmparatorluğu' (soit Empire Hologrammique en français).

Un disque découvert via cet article de The Quietus (dont la qualité des articles ne se dément pas) et finalement assez surprenant. Apparaissant de prime abord comme de la musique traditionnelle turque ou moyen-orientale, il s'avère très vite comme un mélange de celle-ci et de sonorités plus occidentales.
Influencé par les années 80, que ce soit stylistiquement (la pochette, affreuse, faite de collages criards, le clip totalement Do It Yourself de Eski Tüfek) ou par la musique de ces années là (celle de par chez nous s'entend), Gaye Su Akyol n'hésite pas à ramener guitares, basses et post-punk de cette époque là et de les distiller tout au long de ces compositions (les guitares de Fantastiktir Bahti Yarimin ou de Eski Tüfek, le sombre Dünya Kaleska, les basses de Nargile ou de Berduş, en écoute aujourd'hui).

Difficile de comprendre un traitre mot de ce que chante Gaye Su Akyol vu qu'elle le fait dans sa langue maternelle, mais il semble que ses paroles aient une vraie visée politique (et les sujets ne manquent pas en Turquie depuis quelques mois), tout au moins sur quelques morceaux.

Je n'en dirais pas plus histoire de ne pas évoquer quelque-chose de rapporté et insisterais plutôt sur le fait que que 'Hologram Ĭmparatorluğu', tout « difficile » d'accès qu'il est pour le français que je suis (et qui n'a pas un engouement particulier pour les musiques du monde), est pourtant un album sur lequel je me suis surpris à revenir plus que régulièrement. Il y a ici une belle osmose qui s'opère entre deux univers musicaux sur le papier assez distant et au final plus proche que cela. Sans doute cela la marque des grands disques en somme. (Sortie : 11 novembre 2016)


Son :
'Hologram Ĭmparatorluğu' de Gaye Su Akyol est à l'achat sur le bandcamp de Glitterbeat Records
Le site de Gaye Su Akyol, tout aux couleurs de 'Hologram Ĭmparatorluğu'
'Hologram Ĭmparatorluğu' de Gaye Su Akyol est en écoute sur Spotify et Deezer

Trois titres en écoute : Berduş, en écoute également dans les lecteurs Spotify et Deezer à gauche, et qui clôt de belle façon 'Hologram Ĭmparatorluğu' de Gaye Su Akyol ; Eski Tüfek (je vous conseille le clip plus bas également) et enfin Kendimden Kaçmaktan :




Et comme ci cela ne suffisait pas, voilà le clip entre DIY et WTF de Eski Tüfek, premier single tiré de 'Hologram Ĭmparatorluğu' de Gaye Su Akyol :